L’Art et la Science de la Relaxation

La relaxation est un art, il existe diverses pratiques que l’on peut développer et utiliser afin d’amener la relaxation du corps et de l’esprit, permettant une vie plus harmonieuse. La relaxation est également une science, car elle repose sur des faits scientifiques solides.

La relaxation paraît facile : il suffit de fermer les yeux et de dormir. Mais, en réalité, pour la plupart des gens, la relaxation, la relaxation profonde, est très difficile. Pendant qu’ils se reposent, leur esprit est en état d’agitation et leur corps continue sans cesse à se retourner, à se contracter et à solliciter leurs muscles.

Le plus grand obstacle à surmonter est d’entreprendre réellement des démarches actives pour parvenir à la relaxation, pour développer et utiliser les diverses techniques qui sont disponibles. Parce que la plupart des gens ne peuvent pas se détendre au sens véritable du terme, ils découvriront que toute leur vie changera simplement grâce à leur capacité à se relaxer. C’est une chose si simple, et pourtant elle peut produire des résultats merveilleux.

La relaxation est essentielle dans la vie de chacun et chacune. Par relaxation, j’entend une libération des tensions de l’esprit et du corps pendant un certain temps afin de permettre un repos complet et une revitalisation. C’est précisément la raison d’être du sommeil, mais à cause de la vie remplie de tensions que mènent aujourd’hui la plupart des gens durant la journée, le sommeil ne remplit plus correctement sa fonction. Beaucoup de personnes constatent qu’elles ne se détendent même pas pendant leur sommeil : elles continuent à s’inquiéter et à essayer de résoudre leurs problèmes. Cela n’apporte pas le repos dont le corps et l’esprit ont besoin. Les gens se réveillent le matin encore épuisés, et cet état se maintient tout au long de la journée.

C’est un cercle vicieux : ils se couchent à nouveau le soir même avec les tensions accumulées durant la journée ainsi qu’avec l’épuisement accumulé à cause de nombreuses nuits de repos insuffisant. Il n’est donc pas étonnant que, lorsque arrivent la fin de semaine, beaucoup de personnes passent une grande partie de leur temps à dormir : elles en ont besoin. C’est pour cette raison que l’homme moderne doit connaître des techniques systématiques qui provoquent spécifiquement la relaxation.

Le sommeil reste nécessaire, mais il doit être complété par des techniques qui éliminent rapidement et efficacement l’inquiétude et le stress.

Il semble contradictoire, mais il est néanmoins vrai que les personnes qui savent facilement se détendre peuvent accomplir davantage de travail, profiter davantage de la vie, avoir besoin de moins de sommeil et entretenir des relations sociales plus harmonieuses dans tous les domaines de leur existence.

Vous pourriez maintenant demander : « Qu’en est-il des personnes paresseuses ou léthargiques ? Elles sont complètement détendues et pourtant elles ne travaillent pas. »

En réalité, il s’agit de quelque chose de différent. Une personne paresseuse est quelqu’un qui est soit remplie de tant de perturbations mentales qu’elle est incapable de diriger sa volonté vers une activité ou une réalisation quelconque, soit dont la structure mentale est telle qu’elle est réticente à faire quoi que ce soit. Cela est différent de la relaxation.

Une personne qui sait véritablement se détendre est capable de récupérer sa force mentale et physique et de la concentrer dans une seule direction lorsque cela est nécessaire. C’est en fait la volonté, la capacité de diriger tout son être vers l’accomplissement d’un objectif sans distraction. La relaxation conduit à une volonté forte. La tension conduit à une dispersion de l’énergie et de l’attention dans toutes les directions.

Pendant les cours de yoga, des changements merveilleux peuvent être observés chez les personnes. Beaucoup de gens entrent dans la salle avec la tension inscrite sur chaque trait de leur visage et dans chaque mot qu’ils prononcent. L’agressivité les imprègne. Leur corps est rempli de tension, d’inquiétude et de malheur.

Ils commencent des pratiques, pas nécessairement difficiles, et lentement mais sûrement le stress et l’agitation émotionnelle commencent à s’évaporer. En général, ils ne s’en rendent pas compte, mais le professeur de yoga peut voir la transformation sur leurs visages.

Les élèves ne réalisent leur relaxation qu’à la fin de la leçon lorsqu’ils découvrent qu’ils sourient, qu’ils sourient réellement et non superficiellement, pour la première fois depuis plusieurs jours, et qu’ils se surprennent même à chanter pour eux-mêmes en marchant dans la rue.

Le processus systématique de relaxation

C’est un point de départ à partir duquel vous pouvez commencer à apprécier pleinement la relaxation mentale et physique comme une partie normale de votre existence, que ce soit au cours d’une activité intense, du sommeil ou de toute autre situation, et non comme quelque chose que vous ne vivez qu’occasionnellement, peut-être durant des séances de yoga.

Nous voulons tous que notre vie soit une expression de détente et de joie. Le moyen d’y parvenir consiste à cultiver la capacité de se détendre dans toutes les circonstances et à tout moment. Tout ce que vous pratiquez dans le yoga apporte relaxation et revitalisation profonde du corps et de l’esprit, que ce soit au moyen des asanas, du pranayama, des pratiques méditatives ou d’autres méthodes. Pourtant, il existe aussi certaines techniques particulières, très simples, qui provoquent spécifiquement la relaxation en peu de temps. Elles seront présentées à la fin de ce chapitre.

Mécanisme de la tension

La cause fondamentale de la tension mentale et physique est une manière erronée de penser en relation avec les autres personnes et avec notre environnement. Notre façon de penser n’est pas harmonisée avec notre environnement extérieur. Cela entraîne des conflits d’intérêts entre nous-mêmes et les autres. Notre environnement intérieur ne correspond pas à notre mode d’existence. En d’autres termes, nous vivons comme un poisson hors de l’eau : nous luttons continuellement contre notre environnement au lieu de nous y intégrer et de suivre le courant de la vie.

Considérez la vie comme un puzzle. Si chaque pièce s’emboîte et se trouve à la bonne place, alors l’image est complète et équilibrée. Mais si certaines pièces ne s’ajustent pas ou appartiennent à un autre puzzle, il n’y a plus d’unité. Il en va de même pour les êtres humains : lorsqu’il existe un conflit avec leur environnement extérieur, il y a disharmonie. En général, un individu peut apporter peu de changements à son environnement extérieur ; le changement nécessaire pour créer l’harmonie doit donc venir de l’environnement intérieur, c’est-à-dire principalement de son attitude envers la vie et envers les autres.

Lorsque vous coexistez paisiblement avec votre environnement et que vous cessez de vous considérer comme séparé de lui, alors la tension disparaît ; vous commencez à vous détendre.

Les facteurs qui empêchent l’homme de s’intégrer harmonieusement à son environnement sont la peur, la haine, l’aversion, la jalousie, etc. Ces tendances s’accumulent depuis la naissance et provoquent des interactions perturbées avec les autres. Elles demeurent principalement dans les couches subconscientes de l’esprit, mais exercent une influence énorme sur notre vie quotidienne.

Prenons un exemple simple. Une personne peut avoir peur du noir parce que, lorsqu’elle était enfant, elle a été accidentellement enfermée dans un petit placard sombre. La peur qui en résulte continue à l’âge adulte ; ainsi, aujourd’hui encore, elle a toujours peur de l’obscurité. Chaque fois qu’elle doit marcher dans le noir, elle devient tendue et craintive. Ce n’est qu’un exemple, peut-être même un exemple extrême. D’autres personnes souffrent de complexes d’infériorité, d’une peur des hauteurs, etc., tout cela à cause d’expériences désagréables passées. Notre esprit est rempli de telles peurs et de tels complexes, et ils constituent l’une des principales causes de tension dans notre vie.

Manifestations physiques de la tension mentale

Normalement, les muscles du corps reçoivent en permanence un faible influx d’impulsions nerveuses provenant du cerveau. C’est ce qu’on appelle le tonus musculaire, qui maintient les muscles en bonne santé et prêts à agir instantanément si nécessaire.

Toute perturbation psycho-physiologique, toute émotion négative et destructrice provoque un conflit dans le cerveau. Cela perturbe le rythme tonique normal des muscles et les maintient dans un état de tension anormalement élevé. Cette suractivation des muscles, sans activité musculaire correspondante, entraîne une perte continue d’énergie pour l’organisme.

C’est comparable au fait de laisser les phares d’une voiture allumés : au bout d’un certain temps, ils déchargent complètement la batterie. Si vous éteignez les phares lorsqu’ils ne sont pas nécessaires, l’énergie de la batterie sera préservée. Il en est de même pour les muscles : si vous éliminez les tensions inutiles de votre vie, vous pouvez conserver l’énergie de votre corps.

Pourquoi cette perte d’énergie due à la contraction musculaire se produit-elle ? La raison est simple. Lorsque vous pensez à quelque chose, le corps se prépare automatiquement à transformer cette pensée en action. Le cerveau et le corps sont deux parties d’une même unité ; ils ne sont pas séparés.

Prenons un exemple : après une journée de travail difficile et particulièrement stressante, un homme rentre chez lui, en colère et cherchant un moyen de soulager sa frustration. En conséquence, il peut se mettre en colère contre le chien du voisin sans raison apparente. Mais au moment même où il commence à s’approcher du chien pour lui crier dessus, un ordre intérieur provenant des centres cérébraux l’avertit que le chien va mordre. Cela provoque une hésitation et les muscles restent dans un état de tension, prêts à agir.

Ce type d’émotion, qu’il se traduise ou non par une action physique, entraîne une dissipation et un gaspillage d’énergie. Le résultat est une fatigue chronique. Chez beaucoup de personnes, ces perturbations émotionnelles et leurs effets physiques nuisibles correspondants font presque continuellement partie de la vie. Les gens ressentent constamment de la colère, de la peur, de la jalousie, etc., ce qui les maintient perpétuellement tendus dans leur esprit et leur corps et finit par conduire à la maladie, physique ou mentale, voire les deux.

Cette tension musculaire continue entraîne d’autres répercussions. Les besoins énergétiques accrus des muscles obligent les systèmes circulatoire et respiratoire à travailler davantage afin de maintenir cet apport supérieur en énergie. Le corps fonctionne à un régime plus élevé. Cette demande accrue imposée aux processus corporels influence tous les muscles qui contrôlent les organes internes : intestins, cœur, poumons et vaisseaux sanguins. Les organes et les muscles qui leur sont associés doivent travailler plus intensément et dans des conditions extrêmes pendant de longues périodes.

Cela peut finalement conduire à une défaillance partielle ou totale de ces organes, et c’est alors que la maladie se manifeste. Au début, les organes peuvent simplement fonctionner moins efficacement et la santé se détériorer de façon insidieuse, peut-être si lentement qu’on ne s’en aperçoit pas immédiatement. Cela est inévitable si l’on ne parvient jamais à se détendre complètement pendant un certain temps au cours de la journée ou de la nuit.

Il existe diverses autres conséquences liées à la tension. Par exemple, lors de réactions émotionnelles, de l’adrénaline est automatiquement injectée dans le sang par les glandes surrénales. Ce phénomène a été largement étudié. Il s’agit d’un mécanisme instinctif qui prépare le corps à une efficacité maximale et à un état de préparation lors des situations d’urgence.

L’adrénaline provoque la contraction des muscles, la constriction des vaisseaux sanguins, l’augmentation du rythme cardiaque et respiratoire, l’accélération des processus de pensée, et ainsi de suite — tout ce qui est nécessaire pour résister à un danger. Comme on peut s’y attendre, sa présence continue dans la circulation sanguine conduit à une tension musculaire, corporelle et mentale permanente. Il est impossible de se détendre lorsque de l’adrénaline est continuellement déversée dans le sang.

Ce système de réponse à l’adrénaline est absolument nécessaire, mais uniquement dans les situations d’urgence. Un exemple serait celui d’une voiture surgissant soudainement et de manière inattendue à un virage sans visibilité alors que vous marchez. C’est l’adrénaline, libérée presque instantanément dans le sang, qui vous fait avoir peur et bondir sur le côté de la route afin d’éviter une blessure.

Mais son utilisation est destinée uniquement aux situations d’urgence. Dans le monde moderne et rapide d’aujourd’hui, ce mécanisme d’urgence est détourné de son usage normal, car la plupart des gens considèrent chaque situation de leur vie comme une crise. Ils sont continuellement sur leurs gardes, en colère, effrayés, haineux, etc. L’adrénaline est alors déversée dans leur circulation sanguine presque aussi vite qu’elle peut être produite. Comment pourraient-ils alors se détendre ?

La tension entraîne encore d’autres conséquences. Tout le système endocrinien est contraint de fonctionner à un niveau plus élevé afin de faire face au niveau élevé correspondant de fonctionnement du corps. Cela conduit finalement à des dysfonctionnements organiques et à une baisse d’efficacité qui deviennent à leur tour la cause de nombreuses maladies modernes : diabète, stérilité sexuelle, ulcères, accidents vasculaires cérébraux, etc.

Les troubles digestifs sont généralement causés par la tension, qu’il s’agisse d’indigestion ou d’ulcères de l’estomac. La tension perturbe le fonctionnement normal du système digestif, ce qui provoque ensuite ces troubles. À cela s’ajoute le fait que la tension conduit souvent à manger trop rapidement, ce qui entraîne une mastication et une digestion insuffisantes. Cela provoque à son tour un surmenage des organes digestifs et une diminution progressive de leur efficacité.

À mesure que le corps s’affaiblit sous l’effet de la tension, il devient également de moins en moins capable de résister à l’apparition d’infections bactériennes. Lorsqu’un corps est fort et en bonne santé, il possède une puissante capacité naturelle d’autoguérison lui permettant de résister aux maladies bactériennes. Cette capacité est affaiblie dans un corps malade ou rongé par la tension. Le corps devient alors une cible favorable à l’apparition de la maladie.

Le corps ressemble à toute autre machine, bien qu’il soit infiniment plus complexe. S’il est mal utilisé ou forcé à fonctionner de manière anormale, il commence à développer des dysfonctionnements. Ceux-ci prennent la forme d’arthrite, de troubles cardiaques, de constipation, de diabète, d’asthme, etc. Ces maladies sont tellement répandues aujourd’hui, même des enfants de seulement quelques années commencent à manifester des symptômes de maladie.

L’élimination de la plupart des maladies, leur prévention, une vie heureuse et une progression vers des états de conscience plus élevés sont impossibles tant que nous ne parvenons pas à accorder du repos à notre complexe corps-esprit. Plus facile à dire qu’à faire, pourriez-vous dire. Effectivement, parvenir à un état de relaxation permanent demande du temps et des efforts. En fait, un très haut niveau de relaxation permanente correspond à un état très avancé du yoga appelé sahaja samadhi (équanimité spontanée et naturelle), qui implique automatiquement une conscience supérieure.

Cependant, une relaxation systématique de quelques minutes lorsqu’on se sent fatigué peut facilement être obtenue grâce aux méthodes telle que le Yoga Nidra ou celles expliquées un peu plus loin. La tranquillité que vous gagnerez vous offrira une nouvelle base plus détendue à partir de laquelle poursuivre votre vie quotidienne, même si ce sentiment d’harmonie ne dure que quelques heures.

Mécanismes des techniques de relaxation

Comment pouvons-nous nous détendre et apprendre à bien le faire ? Comme souvent, pour trouver la réponse, nous devons nous tourner vers les animaux ou vers les êtres humains moins perturbés par le monde tumultueux, à savoir les enfants.

Lorsqu’un enfant dort, il oublie tous ses problèmes. Lorsqu’il dort, il dort réellement ; lorsqu’il joue, il joue réellement ; lorsqu’il travaille, il travaille réellement. Il y a une intensité totale dans l’activité qu’il accomplit. Les adultes ont l’habitude de travailler mentalement lorsqu’ils dorment ou jouent, et de rêvasser lorsqu’ils travaillent.

L’une des règles fondamentales de la relaxation consiste à interrompre consciemment les pensées concernant les choses déjà accomplies. Ne ruminez pas et ne vous préoccupez pas continuellement de vos problèmes. Votre subconscient possède en réalité de grandes capacités pour résoudre les problèmes sans que les processus de pensée aient besoin d’être maintenus au niveau conscient.

Lorsque vous avez fourni à votre esprit les informations nécessaires concernant un sujet particulier, oubliez-le. L’esprit élaborera lui-même la réponse lorsque cela sera nécessaire. Votre rumination consciente des problèmes, dans l’intention d’aider le processus, ne sert à rien. Ayez davantage confiance dans les capacités de votre esprit.

Les techniques de relaxation commencent par détourner votre conscience des pensées chargées d’émotions et l’orienter vers des activités émotionnellement neutres, telles que l’observation de votre respiration ou de différentes parties de votre corps. Il est presque impossible pour quelqu’un de rester tendu et en colère lorsque son attention est dirigée vers son gros orteil.

De cette manière, les techniques de relaxation interrompent le cycle incessant et stérile de rumination des problèmes. Simultanément, les muscles sont consciemment relâchés.

Cependant, beaucoup de personnes trouvent cela difficile. Durant les cours de yoga, on demande souvent aux élèves de se détendre, et bien que leur corps reste raide et tendu, ils croient être complètement détendus. Ce n’est que lorsque l’enseignant soulève leur bras et que celui-ci reste tendu au lieu de retomber mollement qu’ils réalisent à quel point leurs muscles étaient réellement contractés.

Les techniques de relaxation exigent que vous ordonniez consciemment à vos muscles de se détendre. Après une certaine période de pratique, cela devrait devenir possible. Il est tout à fait naturel pour les animaux de pouvoir consciemment ordonner à leurs muscles de se relâcher.

Lorsqu’un animal ou un enfant se détend ou dort, ses muscles s’affaissent vers le sol et, lorsque c’est possible, prennent la même forme que la surface sur laquelle il repose. C’est un bon signe indiquant qu’il ne subsiste aucune tension musculaire excessive.

Lorsque vous immobilisez tout votre corps, comme vous le faites dans les pratiques de relaxation, et que vous détendez systématiquement différentes parties du corps, que se passe-t-il exactement ?

Bien entendu, les muscles se détendent, ce dont ils ont probablement grand besoin. Comme les muscles ne sont plus utilisés, les nerfs sensitifs, qui transmettent des messages des muscles vers le cerveau, ainsi que les nerfs moteurs, qui transmettent les ordres du cerveau vers les muscles, cessent progressivement leur activité.

Cela réduit votre conscience du corps. Plus vous êtes capable de vous détendre et de ne pas bouger vos muscles, moins vous êtes conscient de votre corps. Vous ressentez alors une sensation de légèreté et même d’euphorie en raison de cette déconnexion entre l’esprit et le corps.

Dans les états plus profonds de relaxation, vous constaterez que votre esprit semble être complètement détaché de votre corps. Cette déconnexion produit des effets merveilleux. Les cellules musculaires, les cellules nerveuses, les cellules des organes, les vaisseaux sanguins, etc., deviennent totalement détendus et sont ainsi revitalisés.

Bien entendu, certaines régions du cerveau bénéficient également d’un repos très nécessaire face à l’afflux continu de données sensorielles provenant du corps et du monde extérieur.

De plus, la conscience des différentes parties du corps ou de la respiration détourne progressivement l’esprit de ses schémas habituels d’inquiétude ou d’insatisfaction. Cela exerce une influence profondément apaisante sur l’esprit.

Les bénéfices retirés des techniques de relaxation sont directement proportionnels au degré de conscience mentale apporté à la pratique. Si vous n’êtes pas conscient des mécanismes de la pratique, alors vous n’en retirerez que peu ou pas de résultats. Mais si vous restez conscient tout au long de la pratique, alors quelques minutes de relaxation de cette manière peuvent être bien plus efficaces et revigorantes que de nombreuses heures de sommeil.

De nombreuses maladies sont causées par des inhibitions imposées aux fonctions du corps par les centres supérieurs du cerveau. En détachant votre conscience de votre corps, les centres cérébraux inférieurs sont autorisés à accomplir leurs fonctions sans être entravés par les centres cérébraux supérieurs. Les centres cérébraux inférieurs commencent alors à rétablir l’équilibre du tonus musculaire du corps et du système endocrinien. De plus, votre conscience portée sur différentes parties du corps, ou sur tout autre élément prescrit par la pratique, élimine le stress et la peur. Ainsi, les glandes surrénales cessent d’injecter de l’adrénaline dans le système sanguin. Cela ramène le corps à un niveau d’activité plus faible. L’ensemble du corps est autorisé à se reposer de sa stimulation continuelle.

Tous les facteurs mentionnés précédemment sont liés les uns aux autres. Une diminution des pensées et des inquiétudes réduit le niveau d’adrénaline dans le sang. La diminution de l’adrénaline dans le sang réduit l’intensité des conflits émotionnels et mentaux, et ainsi de suite. Le résultat global doit être vécu pour être cru : un sentiment indescriptible de liberté vis-à-vis de l’agitation mentale. Vous devez l’essayer par vous-même.

Programmation mentale

Nous avons maintenant un problème. Vous avez fait l’expérience du calme et vous avez reposé votre corps en pratiquant la technique de relaxation prescrite. Pourtant, dix minutes plus tard, vous rencontrez quelqu’un que vous n’aimez profondément pas. Votre tranquillité et votre sentiment de bien-être disparaissent immédiatement. L’adrénaline est libérée. Vous redevenez votre moi habituel : déprimé, en colère, agressif et tendu. Votre esprit a été programmé pour réagir de cette manière. Vous n’aviez pas le choix : vous deviez vous mettre en colère lorsque vous rencontriez cette personne.

Votre cerveau est un ordinateur et il a été conditionné depuis la naissance. Vous avez réagi comme vous l’avez fait à cause de votre programmation mentale. Vous êtes à la merci de la manière dont votre esprit a été conditionné à agir. La cause profonde de votre tension chronique réside dans vos réactions émotionnelles aux personnes et aux situations qui vous entourent. Et votre réaction est déterminée par votre conditionnement. N’existe-t-il donc aucun moyen de sortir de ce dilemme — colère, peur, etc. ? La réponse est de modifier le programme de votre cerveau afin que vous ne réagissiez plus de manière négative lorsque vous rencontrez une situation particulière. Cependant, cela ne peut être réalisé du jour au lendemain. Mais avec de la patience, cela peut être fait. C’est ce que nous verrons dans d’autres vidéos.

Pratiques pour la relaxation

Ne me croyez pas lorsque je vais affirmer l’efficacité de cette pratique ; essayez-les et constatez les effets par vous-même.

Cela peut sembler surprenant, mais la première étape pour atteindre une profonde relaxation à travers les asanas consiste à tendre tout le corps. Ce n’est qu’après avoir appliqué une tension musculaire à l’ensemble du corps que vous pouvez ensuite permettre à tout votre corps de se détendre.

Pensez à une journée où vous avez effectué un travail physique particulièrement pénible. Vous souvenez-vous à quel point il était facile de vous allonger sur le lit pour vous reposer ou dormir ? Cela suppose, bien sûr, que vous n’ayez pas tellement sollicité votre corps qu’il en soit douloureux à la fin de la journée.

NAUKASANA (LA POSTURE DU BATEAU)

C’est une très bonne posture pour détendre les muscles et les articulations du corps. Il apporte un soulagement immédiat aux personnes souffrant de nervosité et de tension.

Technique

Placez une couverture pliée ou un tapis sur le sol. Allongez-vous à plat sur la couverture, le visage tourné vers le haut (sur le dos).

Posez vos bras tendus sur le sol de chaque côté du corps, les paumes tournées vers le bas.

Inspirez profondément et retenez votre souffle.

Levez simultanément les jambes, les bras et les épaules du sol.

Assurez-vous que les bras et les jambes restent tendus.

Dirigez vos bras vers vos pieds.

Essayez de ne pas élever les pieds ou les épaules à plus de 15 centimètres du sol.

Étirez et contractez tout le corps.

Sentez que chaque muscle est tendu.

Ne forcez pas, mais essayez de maintenir cette position surélevée aussi longtemps que possible tout en retenant votre souffle.

Essayez finalement de maintenir cette position surélevée pendant au moins un lent compte jusqu’à 10, bien que au début, un compte de 2 ou 3 suffit.

Puis laissez-vous retomber sur le sol, mais sans laisser votre tête heurter le sol.

Laissez le corps s’enfoncer dans le sol.

Comptez lentement de 1 à 60.

Cela complète 1 cycle.

Effectuez 3 cycles.

Après avoir effectué 3 cycles de naukasana, restez allongé sur le dos et détendez-vous dans shavasana.

Variation plus simple

Naukasana demande un grand effort. Les personnes qui trouvent impossible de soulever leur corps devraient contracter tout leur corps tout en restant au sol. Cependant, cette alternative est beaucoup moins efficace que la position surélevée.

SHAVASANA (LA POSTURE DU CADAVRE)

Cet asana est également connu sous le nom de mitrasana (la posture de l’homme mort). Dans ce chapitre, nous n’examinerons que la première partie de shavasana.

Technique

Allongez-vous à plat sur le dos, en position couchée.

Placez un petit oreiller ou une couverture pliée derrière votre tête, avec les coins tirés sous les épaules ; cela permet aux muscles du cou et des épaules de se détendre. N’utilisez pas un oreiller épais, car cela tendrait à créer davantage de tension en arquant excessivement le cou vers le haut.

Placez les bras dans l’alignement du corps et de chaque côté de celui-ci.

Laissez un petit espace entre les bras et les côtés du corps.

Les paumes doivent être tournées vers le haut et les mains ne doivent pas être crispées.

Les jambes doivent être droites et légèrement écartées.

Fermez les yeux.

Essayez de sentir les différentes parties de votre corps en contact avec le sol. C’est le point le plus important, car cela développe la conscience des différentes parties du corps.

Sentez le contact entre le sol et les fesses. Si vous sentez que les muscles des fesses sont contractés l’un contre l’autre, relâchez-les.

Portez votre attention sur la pression entre le sol et les fesses pendant quelques secondes jusqu’à ce que vous sentiez que cette zone du corps est détendue.

Essayez maintenant de sentir le contact entre le sol et le talon droit pendant quelques secondes.

Répétez la même chose avec le talon gauche.

Sentez ensuite le contact entre le sol et le bras droit, la main droite, le bras gauche, la main gauche, le milieu du dos, chaque omoplate, l’arrière de la tête et enfin l’ensemble du corps ; consacrez quelques secondes à chaque point de contact.

Ensuite, essayez de sentir que toute votre jambe droite est très lourde et qu’elle s’enfonce dans le sol.

Si vous ne parvenez pas à ressentir cette lourdeur, ne vous inquiétez pas ; un peu de pratique est nécessaire au début.

Sentez la jambe droite devenir molle.

Répétez la même chose avec la jambe gauche. Ressentez la lourdeur de toute la jambe et sentez-la devenir molle et s’enfoncer dans le sol.

Faites cela pendant quelques secondes.

Répétez ensuite la même chose avec le bras droit puis le bras gauche.

S’il existe une tension dans vos mains, peut-être parce qu’elles sont partiellement crispées, relâchez cette contraction musculaire.

Sentez vos épaules s’affaisser dans l’oreiller ; retirez toute charge de vos épaules.

Beaucoup de personnes, à cause de la tension, ont l’habitude de hausser les épaules. Laissez-les s’enfoncer dans l’oreiller.

Laissez maintenant tomber votre mâchoire inférieure ; laissez-la se relâcher tout en gardant la bouche fermée.

Si vous sentez que vous froncez les sourcils, essayez de relâcher la tension musculaire de votre front.

Pendant toute la pratique, vos inquiétudes ou vos problèmes peuvent continuer à apparaître.

Dites à ces problèmes qu’ils recevront votre attention dans quelques minutes, mais que pour l’instant vous pratiquez shavasana.

N’essayez pas de supprimer les pensées lorsqu’elles surgissent ; continuez simplement à diriger votre attention vers la relaxation systématique des différentes parties du corps de la manière déjà expliquée.

Si vous avez le temps, répétez à nouveau tout le processus.

Si vous avez réussi à suivre ces instructions de la manière décrite, avec conscience et attention, vous devriez constater que vous avez atteint un merveilleux état de détente, aussi bien physique que mentale.

Lorsque vous terminez la pratique, bougez doucement et serrez légèrement les mains, remuez les pieds puis ouvrez lentement les yeux.

Conscience et durée

Cette pratique procure des bénéfices maximums si votre attention est totalement impliquée dans l’exercice. Si vous pratiquez shavasana sans enthousiasme, elle ne donnera pas les résultats souhaités. Un léger effort mental est nécessaire, mais sans tension mentale.

La durée de la pratique doit être celle dont vous disposez ; plus elle est longue, mieux c’est.

Pour un usage normal, cinq à dix minutes suffisent.

Naukasana prend entre trois et quatre minutes ; ainsi, les deux pratiques réunies demandent très peu de temps, surtout en comparaison des immenses bienfaits qu’elles peuvent apporter.

Ordre de pratique

Shavasana se pratique idéalement après naukasana, car tandis que celle-ci crée de la tension, shavasana la libère.

Shavasana peut et devrait être pratiquée chaque fois que vous vous sentez fatigué ou tendu.

C’est une pratique si simple, et pourtant elle peut produire des résultats merveilleux.

Elle devrait également être effectuée après les exercices de yoga ou les asanas, ainsi qu’entre les pratiques lorsque vous vous sentez un peu fatigué.

Mouvement et couverture

Essayez de ne pas bouger votre corps du tout pendant la pratique de shavasana.

Il y a une très bonne raison à cela : même le plus léger mouvement fera intervenir certains muscles.

Ainsi, vous créez immédiatement une contraction musculaire, précisément ce que nous essayons d’éliminer.

Certaines personnes peuvent trouver inconfortable de s’allonger sur le sol avec seulement un oreiller sous la tête.

Dans ce cas, des coussins peuvent également être placés sous les genoux afin de combler l’espace entre le sol et l’arrière des genoux, ainsi que sous le bas du dos au niveau de la taille.

Le soutien apporté par ces coussins supplémentaires vous aidera à atteindre une relaxation plus profonde.

Ne vous allongez pas sur un lit ou un matelas mou, car cela ne vous permettra pas de distinguer si vos muscles sont détendus ou non.

Si l’atmosphère est froide ou s’il y a de petits insectes dans l’air, couvrez-vous avec un grand drap ou une couverture.

Cependant, la couverture ne doit pas être trop lourde.

Bienfaits

Fondamentalement, shavasana détend l’ensemble du système physiologique et psychologique.

Un esprit détendu vous permet de voir le monde et les personnes qui vous entourent sous un jour plus réaliste, d’accomplir votre travail avec plus de fluidité et d’atteindre davantage de bonheur dans la vie.

Un esprit tendu implique automatiquement un corps tendu.

De cette combinaison résultent la majorité des maladies qui affligent l’humanité.

Shavasana, en relaxant le complexe corps-esprit, aide à soulager et à prévenir les maladies.

Ses bienfaits sont inestimables.